Affaire PayServices Bank : l’État congolais fait bloc pour défendre la légalité et les deniers publics
Par Armand mumbilay
Depuis plusieurs jours, certains médias internationaux relaient des récits approximatifs laissant entendre l’existence d’un scandale financier impliquant des membres du gouvernement congolais dans le dossier PayServices Bank. Une version des faits que dément fermement Kinshasa.
Contrairement aux insinuations, aucun détournement, aucune corruption, ni même un quelconque embarras d’État ne sont à signaler. Ce que révèle cette affaire, c’est plutôt la solidité des institutions congolaises, la vigilance du ministère des Finances et la fermeté du Trésor public face aux tentatives de manipulation.
Une entreprise déjà sanctionnée aux États-Unis
PayServices Bank, qui se présente comme une plateforme de paiement en ligne, est en réalité une entité de droit américain dont le statut bancaire a été formellement contesté par plusieurs autorités de régulation aux États-Unis — des commissions bancaires locales à la Réserve fédérale, en passant par la justice fédérale. Ces sanctions, motivées notamment par des soupçons d’activités illicites, étaient en vigueur bien avant que la société ne sollicite un paiement de la part de l’État congolais.
Or, ces éléments cruciaux n’avaient jamais été portés à la connaissance des autorités congolaises lors de la signature du protocole d’accord, conclu sous un gouvernement précédent. Ce n’est qu’à l’arrivée du dossier au ministère des Finances que ces informations ont été mises au jour.
Le refus de l’irrégularité
Sous la direction du ministre Doudou Fwamba, les services compétents ont mené une analyse rigoureuse du dossier. Leur conclusion est sans appel : le paiement réclamé ne pouvait être effectué, pour des raisons à la fois juridiques, financières et institutionnelles.
- D’une part, aucun État responsable ne peut engager des fonds publics au profit d’une entité interdite d’exercer dans son propre pays.
- D’autre part, le protocole invoqué violait la législation congolaise sur les finances publiques, qui exige l’intervention du ministre des Finances et l’avis du ministère du Budget pour tout engagement de l’État.
- Enfin, aucune loi votée par le Parlement ne venait encadrer ou autoriser une telle opération.
Ainsi, loin de bloquer un investissement, le Trésor public a simplement refusé une opération manifestement irrégulière. Il a agi pour protéger les ressources de la nation.
Une fermeté saluée
Ce refus, que certains tentent aujourd’hui de présenter comme un scandale, est en réalité un acte de souveraineté. L’État congolais a dit non : non à l’illégalité, non aux montages opaques, non aux pressions extérieures, y compris médiatiques.
L’attitude du ministre Doudou Fwamba est saluée comme le symbole d’une nouvelle ère : celle d’un État qui ne signe plus à l’aveugle, qui n’engage plus de dépenses sans fondement légal, et qui place la transparence au cœur de sa gouvernance.
Une ouverture encadrée aux investisseurs
La République démocratique du Congo reste ouverte aux investisseurs sérieux, crédibles et respectueux du cadre légal. Mais elle ne sera plus un terrain de complaisance. La transparence et la légalité ne sont pas des freins au développement : elles en sont les piliers.
Dans un pays marqué par des décennies de pratiques opaques, refuser un paiement illégal n’est pas une erreur. C’est un choix assumé de souveraineté, et c’est exactement ce qu’a fait l’État congolais dans l’affaire PayServices Bank.
Jean-Thierry Monsenepwo
Ambassadeur PCA

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