Goma, un an après : l’occupation, le mensonge et le silence
Par l’ambassadeur Pca Jean Thierry Monsenepwo
« Le drame du Congo ne se limite pas à l’agression rwandaise. Il réside aussi dans le silence d’une partie de ses propres enfants. »
1. L’occupation n’est plus un débat, c’est un fait
Un an après la prise de Goma, il ne s’agit plus d’une question sécuritaire ou politique. C’est une agression reconnue en droit international, accompagnée d’une tentative de substitution de souveraineté. Le communiqué de l’AFC/M23 n’est pas une mise au point, mais un manifeste d’occupation visant à légitimer l’illégal.
2. Une paix imposée n’est pas la paix
Aucun groupe armé non étatique ne peut administrer un territoire souverain. Les discours de “paix durable” ou de “services publics assurés” relèvent d’une rhétorique coloniale : justifier la présence armée, inverser les responsabilités, simuler un État.
Une paix née de la force illégale est une suspension de liberté.
3. Le “retrait volontaire” : une illusion
Parler de retrait “volontaire” d’Uvira est un non-sens.
On ne se retire pas volontairement d’un territoire occupé illégalement.
On s’en retire parce qu’on viole le droit.
Les rapports de l’ONU et les processus de Nairobi et Luanda exigent un retrait sans condition.
4. Le Rwanda, agresseur désigné
La responsabilité du Rwanda est établie :
- Agression indirecte mais avérée,
- Violation de la souveraineté congolaise,
- Responsabilité internationale engagée.
Le président Tshisekedi l’a affirmé dans toutes les grandes tribunes : il ne s’agit pas d’un conflit interne, mais d’une agression par procuration.
5. Les accords ne blanchissent pas l’agression
Aucun accord (Nairobi, Luanda, Washington) n’a reconnu le M23 ou l’AFC.
Se réclamer de ces textes tout en les violant est une fraude diplomatique.
Les accords encadrent le retrait des agresseurs, ils ne les protègent pas.
6. Le silence congolais : une faute historique
Le plus grave n’est pas l’agression extérieure, mais le silence d’une partie des élites congolaises.
Refuser de nommer le Rwanda, parler de “crise interne” ou de “conflit communautaire”, c’est dédouaner l’agresseur.
Le silence n’est pas neutre. Il est une forme de collaboration.
Conclusion : Goma est un test de souveraineté
Goma n’est pas une ville à négocier.
C’est un symbole de souveraineté, un moment de vérité nationale.
- Le M23 n’est pas un acteur politique.
- L’AFC n’est pas une alternative étatique.
- Le Rwanda est l’agresseur.
- Le silence est une faute.
L’Histoire jugera ceux qui ont occupé. Mais plus encore ceux qui ont détourné le regard.
Goma est congolaise. Et la souveraineté ne se partage pas.
Rédaction :+243826354771

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