Par Armand mumbilay
Le débat autour d’un éventuel changement ou révision de la Constitution de la République démocratique du Congo continue de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique.

La réponse tranchante de Me Hervé Mulumba
Dans une déclaration incisive, Me Hervé Mulumba estime que « le vieillissement d’une loi commence dès lors qu’elle n’est plus adaptée aux réalités de la société d’où elle tire sa légitimité ». Pour lui, il est donc légitime d’envisager soit une refonte totale (tabula rasa), soit des réformes ciblées sur certaines dispositions jugées problématiques.
L’avocat invite le sénateur Modeste Bahati Lukwebo à relire attentivement l’exposé des motifs de la révision constitutionnelle de 2011 (loi n°11/002 du 20 janvier 2011), élaboré et soutenu par les intellectuels du régime Kabila auquel Bahati avait appartenu. « À l’époque, vous n’avez pas attendu dix ans pour pulvériser la Constitution. Donc, apprenez à vous taire », a lancé Me Mulumba, dénonçant ce qu’il qualifie de « théories politiciennes » visant à séduire l’opinion publique.

La position de Bahati Lukwebo
De son côté, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, figure de l’Union sacrée et président du Sénat, s’est montré ferme lors d’une conférence de presse tenue le 4 mars 2026 à Kinshasa. Il a rejeté toute idée de révision constitutionnelle, qualifiant ce débat de « politicien » et de « distraction ».
« Comme je l’ai toujours dit et que je le répète encore, notre pays n’a pas besoin de nouveaux textes mais d’hommes capables d’appliquer ceux qui existent. Ceux qui alimentent aujourd’hui le débat sur la révision de la Constitution sont des flatteurs ; je les connais et je sais ce qu’ils veulent », a déclaré Bahati Lukwebo.
Le sénateur s’est également interrogé sur l’origine de la théorie selon laquelle une Constitution ne devrait pas dépasser dix-sept ans de durée de vie : « Cela vient de quelle théorie scientifique ? », a-t-il ironisé.
Un débat qui divise
Ces prises de position illustrent la fracture persistante entre partisans d’une réforme constitutionnelle et défenseurs du statu quo. Alors que Me Mulumba plaide pour une adaptation des textes aux réalités actuelles, Bahati Lukwebo insiste sur la nécessité de renforcer l’application de la Constitution existante plutôt que de l’amender.
Rédaction :+243826354771

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