Tribune Scientifique de Pierre Norbert NGANGU, Phd, Professeur des Universités
Il y a des moments sombres dans l'histoire d'un pays où tout semble pousser vers l’autodestruction. C’est la naissance de la République des Inconscients. Cette tragédie ne se raconte pas avec des discours, elle se voit dans la réalité : les faits contredisent les promesses, les dates révèlent les mensonges, et chaque décision aveugle rapproche le pays du naufrage. Chaque acte posé est une pierre de plus ajoutée au désordre. Dans cette dérive, l'insouciance de ceux qui dirigent pousse, avec une certitude effrayante, tout un peuple vers l'abîme.
Dans ces moments-là, les peuples croient assister à une succession d’événements isolés, alors que l’histoire, silencieusement, écrit le chapitre suivant : celui de l’implosion. Depuis quelques années, la RDC semble marcher sur cette voix funèbre, où les erreurs humaines cessent d’être des accidents pour devenir un complot inconscient contre la nation.
Et lorsqu’on aligne les dates, lorsque l’on rapproche les décisions, lorsqu’on observe les silences là où devraient retentir les déclarations constitutionnelles de guerre pour réunifier la patrie, une question surgit avec une gravité presque métaphysique : sommes-nous témoins d’une tragédie politique ou d’une inconscience historique collective ?
Regardons les faits : on nous parle de progrès, mais la réalité montre la pauvreté. On nous promet l'unité, mais les discours sèment la division. Ces dates que nous devions célébrer comme des victoires sont devenues les témoins de nos échecs collectifs.
Chaque décision politique ne semble plus servir l'intérêt de tous, mais seulement les calculs de quelques-uns. Ce n'est plus de la politique, c'est un aveuglement collectif. À force de jouer avec l'avenir, ceux qui tiennent le gouvernail oublient que le navire prend l'eau. Dans cette République des Inconscients, on ne construit plus, on survit, pendant que le pays glisse lentement, mais sûrement, vers un point de non-retour. »
Le premier signe : le pays s'effondre, et nous regardons ailleurs.
Le 13 juin 2022, Bunagana tombe. Sous les bottes du M23, cette cité frontalière du Nord-Kivu bascule dans l’ombre, et avec elle, le silence s’abat. Ce jour-là, ce n’était pas seulement une parcelle de terre que nous perdions : c’était la colonne vertébrale de notre souveraineté qui se brisait.
L’histoire des peuples nous avertit : il existe un seuil fatal où l’érosion du territoire n'est plus une simple alerte sécuritaire, mais devient une abdication de l’âme. L’occupation de Bunagana est ce basculement tragique. En laissant la guerre s'installer dans le confort de la banalité, nous signons notre propre décret d’insignifiance devant le monde.
Si Kinshasa, le cœur du pays, ne se lève plus pour crier sa colère ; si le sang des nôtres ne nous révolte plus, de quel droit pouvons-nous attendre la pitié de l'ONU ou le secours de l'Union Africaine ? Comment expliquer ce silence de mort alors que nos villages brûlent, que nos femmes et nos filles sont violées et brisées, que nos compatriotes s'entassent dans la boue des camps de déplacés de guerre ? Notre plus grande défaite, c'est cette incapacité à prouver au monde que chaque grain de notre sable est sacré.
Une nation qui ne s'indigne plus devant l'horreur, qui accepte l'humiliation sans broncher et qui ne défend plus ses frontières, cesse d'exister. Elle devient une terre sans nom, une maison sans porte où n'importe qui peut entrer, piller, violer et tuer, avec la certitude qu'il ne risque rien.
II. Le deuxième signe : le retrait des témoins gênants
20 septembre 2023 : du haut de la tribune de l'ONU, le président Félix Tshisekedi lance un appel qui stupéfie le monde. Il exige le départ immédiat de la MONUSCO.
Pourtant, la patrie brûle. Les rebelles avancent, les armées étrangères piétinent notre sol et le sang coule. C’est précisément à cet instant de péril extrême que le Gouvernement choisit de renvoyer les Casques bleus. Deux mois plus tard, le 22 novembre 2023, l’accord de retrait est scellé entre le ministre Christophe Lutundula et la Cheffe de la MONUSCO, madame Bintou Keita.
L’Histoire gardera la trace de cet incroyable paradoxe : alors que la guerre redoublait de fureur, la République a elle-même congédié les témoins internationaux. Pourquoi éteindre les projecteurs au moment où le crime s'aggrave ? Ce jour-là, nous avons fait le choix dangereux du huis clos : nous retrouver seuls, sans regard extérieur, face au chaos de la guerre.
Le troisième signe : le pouvoir tampon s’installe
15 décembre 2023 : à Nairobi, Corneille Nangaa brise le silence. Il annonce la création de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), une coalition qui unit des politiciens et les rebelles du M23. Quatre jours plus tard, le 19 décembre 2023, le Conseil de sécurité de l’ONU répond par la Résolution 2717 : elle acte le départ définitif des Casques bleus.
Le piège se referme. Début 2024, alors que les Nations Unies plient bagage et que l’armée nationale multiplie les retraits stratégiques, une autre autorité prend racine dans le Kivu. Fin mars 2024 : l’AFC/M23 contrôle déjà près de la moitié du Nord-Kivu.
En politique, ce drame porte un nom : la dualité de souveraineté. C’est l’instant fatal où l’État cesse d’être le seul maître dans la République. Ce premier acte d'implosion nationale devrait provoquer un séisme, une colère absolue des élites et du peuple. Mais contre toute attente, le silence est total. Rien. Le Gouvernement se tait, le pays s'endort. Comme si de rien n’était, chacun poursuit sa route, sourd au fracas de l’effondrement.
Cette indifférence tranquille est notre véritable naufrage : nous regardons la patrie s'éteindre comme une vulgaire pièce de « théâtre de chez nous », oubliant que, cette fois, les morts ne se relèveront pas à la fin de la scène.
IV. Le quatrième signe : la Constitution mise en procès pendant la guerre.
23 octobre 2024 : à Kisangani, le président Félix Tshisekedi tourne le dos au front de la guerre pour ouvrir celui de la Loi fondamentale. Alors que le pays saigne, il lance une charge inattendue : « Notre Constitution n’est pas bonne ». Il l'accuse d'être une œuvre étrangère, rédigée loin de nos terres et de nos aspirations.
C’est un paradoxe tragique. On met en procès le texte qui fonde la nation au moment même où le territoire de cette nation s'effondre. Quelle logique peut bien pousser au bouleversement de nos lois alors que nos frontières, elles, se dérobent sous nos pieds?
Vouloir refondre le contrat social quand la maison brûle est un acte que rien ne peut expliquer. C’est choisir de discuter de la couleur des murs pendant que les fondations s'écroulent. Ce jour-là, la priorité a changé de camp : on a préféré la bataille des textes à la guerre pour la survie.
V. Le cinquième signe : la patrie se meurt, le patriotisme s’éteint.
2025 : l’année du grand effondrement. Le 26 janvier, Goma tombe. Le 16 février, Bukavu chute à son tour. Pourtant, dans toute la République, c’est le calme plat. Pas une marche, pas un cri de colère. L’état de guerre reste un mot oublié dans les tiroirs de la Constitution. L’Histoire connaît bien ces silences. Ce sont des arbres que l’on plante pour cacher la forêt des irresponsabilités.
Quand les villes tombent et que le pays se tait, ce n’est plus de la distraction, c’est une complicité généralisée. On laisse le rideau tomber sur nos provinces pour masquer les fautes qui déchirent la nation. Nous y sommes : l'inconscience de tous est en train de préparer l’implosion finale du pays.
VI. Le sixième signe : la Nation contre les Nations Unies
21 février 2025 : le Conseil de sécurité de l’ONU brise enfin le silence. La Résolution 2773 tombe comme une sentence : elle condamne le Rwanda et exige le retrait immédiat de l’AFC/M23. Pour un court instant, la justice mondiale semble se réveiller.
C’est alors que surgit l'incroyable. Moins d’un mois plus tard, le 18 mars 2025, à Doha, le président Félix Tshisekedi rencontre son homologue rwandais Paul Kagame. Au moment même où le monde désigne enfin le coupable, l’État victime se précipite pour lui tendre la main. Comment comprendre que l’on coure s'asseoir face à celui que le droit international vient de marquer au fer rouge ?
Que signifie ce revirement brutal ? Dans l’histoire des peuples, de tels gestes ne sont jamais le fruit du hasard. Ils posent une question terrible : est-ce une fatigue de l'âme, ou le signe que des forces invisibles travaillent désormais contre la patrie ?
Quand on choisit de s’asseoir avec celui que l’on qualifie de bourreau, alors que le droit nous donne raison, on abdique. Dans cette épreuve, notre souveraineté ne s'éteint plus sous le feu des armes ; elle s'efface par un choix inconscient que seule l'irresponsabilité peut expliquer. Ce n'est plus une défaite militaire, c'est un suicide politique. En tendant la main à celui que l’on présente comme l’ennemi numéro un de la République, nous offrons au monde le spectacle d'une nation qui renonce à elle-même, transformant son propre malheur en une insupportable comédie.
VII. Le septième signe : le paroxysme du paradoxe.
9 avril 2025 : à Doha, le Gouvernement s’assoit face à l’AFC/M23. Six mois plus tard, le 9 octobre 2025 à Bruxelles, l’impensable se produit : le Chef de l’État suspend officiellement son appel aux sanctions contre le Rwanda et propose « une paix de braves » au Président Paul Kagame! En un instant, les espoirs de Luanda et de Nairobi s’effondrent devant une diplomatie de l’ombre aux contours flous.
C’est ici que surgit l'insupportable. Tandis que le pouvoir tend la main à ceux qui manient le fer, il ferme le poing devant ceux qui portent la Paix. Le « Pacte social » des Églises (CENCO et ECC), cette initiative ecclésiale faite à la nation pour construire la paix en profondeur et reconstruire la nation toutes affaires cessantes, subit une hostilité sans nom. On va jusqu’à l'infamie : tenter de diviser les évêques et de briser l’Église catholique lors de la 63ème Assemblée Générale de la CENCO, en ce début d'année 2026. Quelle cruauté gratuite !
Ce contraste est le moteur même de notre effondrement. D’un côté, nos Pères spirituels, derniers remparts du sacré, sont calomniés, dénigrés et traqués comme les pires ennemis de la République. De l’autre, les seigneurs de la guerre sont conviés à la table des négociations.
Sommes-nous arrivés à l’aveuglement final d’une société qui a perdu le sens du Bien et du Mal ? En tout état de cause, c’est le signe ultime du chaos : une société qui insulte ses sages et piétine le sacré ne fait pas que perdre une guerre, elle perd son humanité. En brisant ce respect, nous arrachons nos dernières racines et condamnons la nation à l'implosion.
VIII. Le huitième signe : l’Ituri, la tragédie oubliée.
Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2025, à Komanda, le sacré est profané. Des dizaines de fidèles sont massacrés à la machette au cœur de l'église Beata Anuarite. Ils priaient, ils ont été égorgés. Pourtant, depuis quatre ans, l’état de siège est décrété. Résultat ? Un désastre. Les groupes armés se multiplient, les enfants sont mutilés, et 290 écoles ne sont plus que des amas de pierres. Plus d'un million d'enfants privés d'éducation.
Pendant ce temps, tranquillement, l’Ouganda s’installe. Sous couvert de traquer les terroristes ADF, il consolide son statut d’« armée étrangère invitée » sur nos terres d’or, de diamant et de bois. Quatre ans après le début de l'opération Shujaa, les massacres continuent, mais l'armée étrangère, elle, ne part plus. Elle s'enracine.
Le chaos atteint son paroxysme : de nouvelles rébellions naissent depuis l'Ouganda, pendant que les rebelles ougandais s'enracinent impunément sur nos terres. L'Ituri sombre dans une nuit de drames sans fin.
Combien de cadavres, combien de viols et de villages incendiés faudra-t-il encore pour que le monde se réveille ? Pourquoi le silence de 2025 alors qu'en 2003, l'opération Artémis s'était levée pour stopper l'horreur ? Aujourd'hui, l'Ituri meurt dans l'indifférence générale, victime d'une tragédie que l'on a choisi d'oublier.
IX. Le neuvième signe : La Paix de Washington contre la Paix de New York.
27 juin 2025 : à Washington, la RDC et le Rwanda signent un accord de paix sous médiation américaine. Ce qui ressemble à une avancée est, en réalité, un suicide diplomatique.
Quelques mois plus tôt, le 21 février 2025 à New York, à l’unanimité de ses membres du Conseil de sécurité, l’ONU votait la Résolution 2773. Ce texte était notre bouclier : il condamnait le Rwanda et exigeait son retrait immédiat au nom du Droit international. C’était la « Paix de New York », celle de la justice internationale et de l’intégrité territoriale recouvrée pour la RDC.
Mais l'accord de Washington change tout. Il remplace le Droit par l'arrangement. Il substitue la justice internationale par une « paix transactionnelle », faite de petits calculs affairistes et de silences complices. Sans le dire, la « Paix de Washington » a tué la force de la Résolution 2773 du Conseil de Sécurité des Nations Unies !
Le plus terrible n'est pas cette étrange manœuvre. Le vrai drame, c'est l'attitude de la victime. La RDC, pays supplicié et envahi, applaudit un accord qui affaiblit la seule loi censée la protéger. C’est une anomalie unique dans l’histoire des nations : voir un pays supplicié, qui se dit victime d’une guerre injuste, se faire lui-même le fossoyeur du droit qui le protège.
En acceptant de remplacer par de vagues "mesures défensives" le concept sacré de "rupture de la paix" (Art. 39) — lequel constitue une violation grave du droit international déclenchant le Chapitre VII de la Charte des Nations unies —, la République n’a pas négocié la paix : elle a sacrifié la nation. Elle a effacé la justice internationale au profit d'arrangements transactionnels flous, offrant au monde un spectacle inédit dans le fracas des guerres : une victime aidant son propre bourreau à enterrer l'arme du crime. Ce jour-là, ce n'est pas seulement le Droit qui a flanché : c'est la volonté de vivre d'un État qui a démissionné.
Les lois internationales ne meurent pas toujours sous les coups de leurs ennemis ; elles s'éteignent aussi, et souvent, par l'abandon silencieux de ceux qu’elles devaient protéger. L’histoire retiendra qu'à Washington, ce n'est pas seulement le Droit qui a flanché, c'est la volonté politique du Congo qui a démissionné.
X. Le dixième signe : L’implosion en téléchargement ?
Le 15 novembre 2025, à Doha, le destin de la République Démocratique du Congo a basculé dans l'innommable. Derrière l’écran de fumée des « protocoles techniques », la signature de l'Accord-Cadre entre le gouvernement et l’AFC/M23 a acté bien plus que la probabilité d’un cessez-le-feu : elle a ouvert la voie à une architecture institutionnelle duale.
Ce qui est présenté comme un chemin vers la paix n'est, en réalité, que l'ombre portée d’une souveraineté partagée. En acceptant de négocier les structures mêmes de l'État à travers ces « 8 Protocoles », Kinshasa n'a pas seulement poursuivi l'illusion d'une cessation des hostilités ; elle a consenti à l'éventualité d'un État semi-autonome au cœur même de son intégrité territoriale.
Ne faut-il pas s'inquiéter de cette confrontation des ordres qui pointe désormais son nez ? Le droit international est sans appel : là où naissent deux visions institutionnelles concurrentes, la nation s'efface. Nous assistons à une confrontation tragique entre deux pôles : celui de Kinshasa, siège des institutions républicaines, et celui de Goma, laboratoire d'une gestation institutionnelle alternative que l'encre de Doha tente, vaille que vaille, de légitimer.
L’histoire nous hurle ses mises en garde. Au XIXe siècle, les États-Unis ne se sont pas déchirés pour de simples terres, mais parce que deux Constitutions rivales — l’Union et la Confédération — prétendaient régir le même sol. Plus tragiquement encore, le démantèlement de la Yougoslavie entre 1991 et 2008 a prouvé que lorsque sept narratifs institutionnels s'opposent, ils finissent inévitablement par engendrer sept nations distinctes.
Est-ce déjà l'épitaphe de la souveraineté nationale ? Quoi qu'il en soit, lorsque deux projets institutionnels se disputent le même ciel, ce ne sont plus des paragraphes ou des libellés qui s’opposent : ce sont deux États qui commencent, dans un silence effrayant, à naître sur les cendres d'un seul. L’histoire retiendra qu'à Doha, ce n'est pas seulement le Droit qui a flanché, c'est la volonté d'exister en tant que Nation une et indivisible qui a abdiqué.
XI. Le dernier signe : l’aveuglement suicidaire face au tournant de l’histoire
L’année 2026 s’ouvre sur un séisme diplomatique : les États-Unis imposent des sanctions directes à la Force de défense du Rwanda (RDF), actant son implication militaire sur le sol congolais. Par ce geste, Washington déchire le voile des ambiguïtés et reconnaît enfin les véritables enjeux de la guerre en RDC.
Ce moment offrait à Kinshasa une opportunité historique inédite : transformer ce levier diplomatique en un front national, africain et mondial pour intensifier le plaidoyer pour la restauration immédiate et sans condition de la souveraineté totale du pays. Pourtant, par un paradoxe saisissant, c’est à cet instant précis que l’on choisit de détourner l’attention du peuple et de la nation.
Contre toute attente, le débat national s'est brusquement déporté vers le changement de la Constitution et la guerre des drones. Comment comprendre cet acharnement à vouloir modifier la Loi fondamentale et à privilégier les hostilités en lieu et place du dialogue inclusif, juste au moment même où la géographie nationale est en péril ? L’histoire enseigne que ces erreurs de discernement ne sont jamais neutres. En substituant l'urgence constitutionnelle et le primat de la conflictualité à l'impératif de la pacification du pays par le dialogue, le gouvernement risque de laisser passer une fenêtre stratégique qui ne s'ouvrira peut-être plus.
Deux chemins demeurent désormais : celui de la responsabilité, en construisant toutes affaires cessantes la paix et la cohésion nationale par un dialogue réellement inclusif, ou celui de l’aveuglement, où les fractures politiques finiront par épouser les tracés de l'implosion du pays.
Au cœur de cette terrible tourmente, l’ultime rempart a surgi de la médiation angolaise, s’adossant à l’autorité morale de la CENCO et de l’ECC. Si le Président de l’Angola, Champion de la Paix et de la Réconciliation en Afrique, et le Médiateur désigné par l’Union Africaine – le Président Faure Gnasingbé du Togo ainsi que ses 5 Co-facilitateurs, ont jugé vital de s'allier aux Pères spirituels - initiateurs du « Pacte social pour la Paix et le Bien vivre en RDC » -, c’est que leur main tendue n'était pas un défi au pouvoir, mais une chance historique de conjurer cette implosion qui hante le sort de la RDC depuis 1960.
S’opposer avec une telle brutalité aux Prêtes Catholiques et aux Pasteurs Protestants qui font le sacerdoce du salut de la Nation, c’est entrer inutilement en guerre contre les lois divines. Car la Bible enseigne, dans Matthieu 5:22 que la colère et les insultes envers son prochain sont passibles du jugement…En rejetant les artisans de la paix, le pouvoir ne s'attaque pas seulement aux hommes : il provoque le jugement impitoyable de l'Histoire et du Ciel.
Les nations ne meurent pas uniquement sous les seuls coups de l'ennemi ; elles s'éteignent assez souvent par l'inconscience de leurs élites et le silence coupable de leur peuple. Si l’implosion de la RDC montre, jour après jour, ses signes avant-coureurs, maintenant que les « Mobondo » se rapprochent de Kinshasa, où sévit le terrorisme urbain des « Kuluna », les générations futures ne demanderont pas seulement qui nous a ramené la guerre dans le pays. Elles demanderont, avec une gravité terrible : qui a regardé la patrie s'effondrer sans l'arrêter ?
Malheur à la patrie qui méprise ses Pères Spirituels ! Quand viendra l'heure de mesurer l'abîme de la descente aux enfers de la Nation, les cœurs endurcis d’aujourd’hui s'effondreront devant les autels de la CENCO et de l'ECC. Ils confesseront alors, dans l'amertume du chaos, l'errance d'avoir ignoré la main tendue du « Pacte social » : l'unique ancre capable d'arracher le Congo du gouffre creusé depuis 1960, pour ordonner, enfin, le réveil de sa gloire.
Paris, le 8 mars 2026
Pierre Norbert NGANGU, Phd, Professeur des Universités

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