RDC : Doudou Fwamba défend ses réformes économiques dans un entretien exclusif

Kinshasa Dans un entretien exclusif accordé par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, à Geopolis Hebdo consulté par Expression26.net, plusieurs projets de loi ont été évoqués : sur les marchés financiers, sur le jeu d’argent et de hasard, ainsi que sur la réforme du code des assurances. Autant de chantiers qui traduisent la volonté du gouvernement de moderniser la gouvernance économique et de renforcer la crédibilité internationale de la République démocratique du Congo.
Subvention pétrolière : une réforme de justice économique
Interrogé sur la réforme controversée de la subvention pétrolière, vivement critiquée par une partie de la classe politique, le ministre a justifié sa décision : « Il était injustifiable que des entreprises minières bénéficient de subventions destinées aux ménages. En corrigeant cette aberration, nous avons généré 150 millions USD de recettes supplémentaires en six mois. » Selon lui, cette mesure pourrait rapporter plus de 250 millions USD de recettes additionnelles au cours de l’exercice 2026.

Lutte contre la corruption et le blanchiment
Face aux accusations de l’opposition qui évoque une « communication sans résultats », Doudou Fwamba insiste sur les avancées institutionnelles : la RDC a validé 21 des 23 actions recommandées par le GAFI, renforcé sa législation et engagé le processus d’adhésion au Groupe Egmont. « Lorsque le gouvernement a été investi en juin 2024, seules 5 actions avaient été mises en œuvre. Depuis lors, plus de 16 actions ont été réalisées en moins de 20 mois », souligne-t-il, rappelant l’adoption d’une nouvelle loi sur le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Relations avec les bailleurs : crédibilité renforcée
À propos des relations avec le Fonds monétaire international, certains y voient une mise sous tutelle. Le ministre réfute : « Deux programmes conclus pour 2,9 milliards USD, dont 1,8 milliard USD d’appui budgétaire, cela ne correspond pas à un pays sous tutelle, mais à un pays jugé réformateur et fiable. » Il cite également les 600 millions USD mobilisés auprès de la Banque mondiale, preuve selon lui que « les bailleurs financent les réformes, pas les discours ».

Eurobonds et endettement : un outil de développement
Concernant les craintes liées à l’émission d’eurobonds, Doudou Fwamba rappelle que la RDC affiche un ratio d’endettement d’environ 20 % du PIB, avec 95 % de sa dette à des taux concessionnels. « La peur de l’endettement ne doit pas devenir une peur du développement », affirme-t-il, précisant que l’accès aux marchés internationaux sera préparé « de manière prudente et graduée » pour financer des infrastructures structurantes dans le transport et l’énergie.

Crédibilité internationale : un signal positif
Enfin, sur la question de la crédibilité internationale, le ministre cite l’agence Standard & Poor’s, qui a relevé en janvier 2026 la perspective de la note souveraine de la RDC de « stable » à « positive ». « Les agences de notation ne font pas de politique congolaise. Elles jugent la discipline budgétaire, les réformes et la résilience macroéconomique. Et leur verdict est clair », insiste-t-il.

Conclusion
« Nous avons fait le choix des réformes difficiles mais utiles, contre les discours faciles mais stériles. L’histoire économique ne retiendra pas les cris, mais les résultats », conclut Doudou Fwamba dans cet entretien exclusif.
Propos recueillis par William Albert Kalengay – Geopolis Hebdo, consulté par Expression26.net

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