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Le débat autour du dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi prend une nouvelle tournure. À la Tshangu, le secrétaire général et président a.i. de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya, a vivement critiqué les prises de position hostiles à l’initiative présidentielle, ciblant notamment l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO.

Augustin Kabuya est monté au créneau ce mercredi 2 septembre 2026, lors d’une activité politique organisée à la Fédération de la Tshangu, à Kinshasa, consacrée à la notification des sectionnaires de cette fédération.
Devant les militants de l’UDPS, le responsable du parti présidentiel a dénoncé les réactions suscitées par l’annonce de Félix Tshisekedi concernant la convocation prochaine d’un dialogue national en République démocratique du Congo.
« J’ai entendu des gens raconter des balivernes autour du message du Chef de l’État qui a annoncé la convocation du dialogue dans notre pays », a-t-il déclaré.
Kabuya s’en prend à Donatien Nshole
Dans son intervention, Augustin Kabuya a particulièrement ciblé l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), dont les prises de position sur le processus de dialogue semblent ne pas convaincre le dirigeant de l’UDPS.
Il lui reproche notamment d’intervenir dans le débat avec, selon lui, une posture davantage politique que religieuse.
« D’autres, notamment l’abbé Donatien Nshole qui a porté sa veste comme acteur politique, oubliant qu’il est serviteur de Dieu au sein de l’Église catholique », a lancé Augustin Kabuya.
Le président a.i. de l’UDPS a toutefois tenu à distinguer les prises de position individuelles de l’institution religieuse dans son ensemble.
« Mais l’Église catholique est une très bonne Église, qu’on ne continue pas à lui faire la honte », a-t-il ajouté.
« Au départ, on n’a pas demandé le dialogue »

Augustin Kabuya a également rappelé que, selon lui, le pouvoir en place n’avait pas initialement fait du dialogue sa principale revendication.
« Au départ, on n’a pas demandé le dialogue. On plaide la cause de nos populations au Parlement », a-t-il expliqué.
Pour lui, la controverse actuelle ne porte donc pas uniquement sur le principe d’un dialogue national, mais surtout sur son orientation, son format et les intérêts susceptibles d’y être défendus.
Le Rwanda au cœur des critiques
Dans la suite de son intervention, Augustin Kabuya a établi un lien entre les divergences autour du dialogue et les intérêts attribués au Rwanda.
Le responsable de l’UDPS estime que certains acteurs politiques chercheraient, à travers le dialogue, à répondre à des revendications qu’il associe au président rwandais Paul Kagame.
« Eux et le Chef de l’État, la divergence réside à quel niveau : l’intérêt de Paul Kagame n’y est pas », a-t-il affirmé.
Selon Augustin Kabuya, certaines personnes auraient auparavant laissé entendre au président rwandais que des revendications qu’il n’aurait pas pu obtenir par les armes pourraient trouver une issue dans le cadre d’un dialogue.
Des accusations qui traduisent, une nouvelle fois, la profondeur des divergences politiques autour du futur processus.
« Le Président n’a pas refusé le dialogue »
Augustin Kabuya a par ailleurs insisté sur un point : Félix Tshisekedi, selon lui, n’a jamais rejeté le principe du dialogue national.
« Le Président n’a pas refusé le dialogue, il a dit qu’il faut donner la parole au peuple avant le début du dialogue », a-t-il précisé.
Le dirigeant de l’UDPS considère ainsi que les réactions négatives de certains acteurs seraient principalement liées au format proposé par le Chef de l’État.
« Leur colère, c’est parce que le dialogue dans le format annoncé par le Président, l’intérêt du Rwanda n’y est pas », a-t-il soutenu.
Kabuya revendique l’adhésion populaire à Tshisekedi
Poursuivant son argumentaire, Augustin Kabuya a estimé que certains opposants au format annoncé seraient conscients de la popularité dont bénéficierait Félix Tshisekedi auprès d’une partie de la population.
« Ils sont conscients que le peuple aime son Président », a-t-il conclu.
À la Tshangu, Augustin Kabuya a donc clairement choisi son camp : celui de la démarche présidentielle. Son intervention marque également un durcissement du ton à l’égard des critiques, notamment celles venues de certaines figures religieuses, alors que le débat sur le futur dialogue national continue de diviser la classe politique et la société congolaise.
ARMAND MUMBILAY

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