BRUXELLES : TSHISEKEDI TEND LA MAIN À KAGAME, DELLY SESANGA DÉNONCE UNE “GÉOMÉTRIE VARIABLE”
La déclaration du président Félix Tshisekedi, prononcée à Bruxelles lors du Global Gateway Forum, continue de faire des vagues dans le paysage politique congolais. En appelant à une “paix des braves” avec le Rwanda, le chef de l’État a surpris jusque dans son propre camp, provoquant une réaction virulente de l’opposition, notamment celle de Delly Sesanga, président du parti Envol.
Une volte-face dénoncée
« Tout ça pour ça ? », a lancé Delly Sesanga sur son compte X, résumant en une formule lapidaire le sentiment d’incompréhension qui traverse une partie de la classe politique congolaise. Pour lui, cette main tendue vers Kigali contraste violemment avec les positions antérieures du président, qui avait menacé le régime de Paul Kagame de “conséquences sévères” en pleine campagne électorale.
Un autre membre de l’opposition, sous couvert d’anonymat, a rappelé les précédents : « Fortunat Biselele a été emprisonné pour avoir prôné un dialogue avec Kagame. Vital Kamerhe a perdu son poste et a été critiqué pour avoir recommandé des pourparlers. Et plusieurs opposants ont été contraints à l’exil pour avoir osé proposer des discussions avec Kigali. »
Une ligne diplomatique floue
Delly Sesanga ne mâche pas ses mots : « De la moindre escarmouche à ça… Où est le sérieux ? Où est la ligne ? Le gâchis incarné. Un président à géométrie variable, qui change de position au gré des applaudissements et des voyages, n’inspire ni confiance ni respect. Le Congo mérite sans doute mieux ».
Cette critique s’inscrit dans une série de prises de position du leader d’Envol, qui accuse régulièrement le pouvoir en place de manquer de cohérence stratégique, notamment sur les questions de paix régionale, de gouvernance et de réforme constitutionnelle.
Entre diplomatie et calcul politique
La déclaration de Tshisekedi à Bruxelles, bien que saluée par certains partenaires internationaux, soulève des interrogations sur le timing et les motivations. Est-ce un virage diplomatique sincère ou une manœuvre électorale à l’approche de la présidentielle ? L’opposition, elle, semble déjà avoir tranché.
Armand MUMBILAY

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