Kinshasa : Le Secrétariat à la Défense nationale menacé de déguerpissement pour loyers impayés.
Kinshasa, 10 octobre 2025 — Un scandale aux allures de crise institutionnelle secoue le cœur de la capitale : le Secrétariat général à la Défense nationale risque un déguerpissement judiciaire imminent pour non-paiement de loyers depuis trois ans, malgré la disponibilité des fonds publics.
Installée depuis 2021 dans l’immeuble Vénus, situé au 306 de l’avenue de la Gombe, cette institution stratégique occupe les lieux en vertu d’un contrat de location signé avec le Gouvernement. L’immeuble abrite plusieurs services sensibles de l’État, en pleine zone administrative de Kinshasa.
Pourtant, selon des documents consultés par notre rédaction, aucun versement n’a été effectué depuis 36 mois. Le dossier de paiement DTO n°1051/25, d’un montant de 1 964 126 USD, est bloqué au ministère des Finances depuis mars 2025, alors que les crédits nécessaires figurent bel et bien dans le budget national.
Des paiements sélectifs et des soupçons de favoritisme
Ce blocage suscite l’indignation, d’autant que plusieurs dossiers similaires, déposés bien après celui-ci, ont été validés et payés. Des sources internes évoquent des pratiques arbitraires, des favoritismes et une gouvernance opaque.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, est pointé du doigt comme principal responsable de cette paralysie. Selon les informations recueillies, il n’aurait donné suite ni aux appels ni aux correspondances de la société propriétaire de l’immeuble, qui interpelle désormais l’opinion nationale et internationale.
Une humiliation annoncée pour les FARDC
La menace de déguerpissement, si elle se concrétise, exposerait les FARDC à une humiliation publique en pleine période de guerre sur plusieurs fronts. Une telle issue serait perçue comme une atteinte grave à l’image de l’État et à la dignité des Forces armées, offrant un signal inquiétant à ceux qui guettent les failles du pays.
La dette locative, qualifiée de dépense obligatoire et prioritaire, relève directement de la sécurité nationale. Le refus de paiement, jugé inexplicable par plusieurs observateurs, pourrait être lié à des pratiques de rétrocommissions ou de “retours indus sur transactions”, selon des sources proches du dossier.
Appel à une intervention présidentielle
Face à cette situation critique, des voix s’élèvent pour appeler à une intervention urgente du Président de la République, en sa qualité de Commandant suprême des FARDC. Une action rapide auprès du Premier ministre est jugée indispensable pour éviter un scandale national.
Les parlementaires et la société civile sont également invités à se mobiliser et à exiger des explications du ministère des Finances.
Alors que le pays traverse une période d’effort de guerre, la perspective de voir les bureaux administratifs de la Défense nationale expulsés pour loyers impayés, malgré la disponibilité des fonds, soulève une question brûlante : comment justifier une telle négligence dans un secteur aussi vital ?

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